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Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission Européenne. Cette publication n’engage que la responsabilité de ses auteurs. La Commission Européenne ne saurait être tenue pour responsable de l’utilisation qui pourrait être faite à partir des informations qui figurent sur ce dépliant.

Raison d'être

La raison d'être de ce projet se base sur le grand nombre de ressortissants étrangers détenus dans des prisons européens. Une étude de l'UE intitulé "Les ressortissants étrangers dans les prisons européens" (Femke Hofstee-van der Meulen, 2008) a précisé que sur 608 703 prisonniers dans l'UE, 114 832 étaient des ressortissants étrangers.

La surreprésentation des ressortissants étrangers au sein du système de justice pénale peut être attribuée à une criminalité véritablement plus élevée résultant des inégalités institutionnelles et de la marginalisation, mais pas seulement ; il existe en Europe une culture croissante de "pénologie-ennemi". Celle-ci risque de se perpétuer d'autant plus au sein de l'institution pénitentiaire qu'il existe un manque de compréhension culturelle et une incapacité à communiquer sur les besoins,  droits et obligations basiques du contexte pénitentiaire, qu'il s'agisse de demander quelque chose de simple ou de voir un représentant légal, de comprendre les règles et procédures liés aux visites, de communiquer sur des soucis de santé ou de comprendre les conditions et les procédures de la liberté conditionnelle. Le rapport de 2008 a confirmé que les problèmes linguistiques créaient des lacunes dans la communication, ce qui contribue (sans toutefois en être la cause principale) à d'autres difficultés telles que le manque de connaissance sur les droits légaux,  l'accès plus difficile aux soins médicaux ou psychiatriques, l'exclusion du travail, de l'éducation ou de la formation, la difficulté à rester en contact avec la famille, la privation de contact avec le monde extérieur, le manque d'opportunités de réhabilitation. L'étude a révélé que, souvent, les autorités pénitentiaires ne sont pas à l'écoute des besoins  de communication spécifiques des détenus ressortissants étrangers  (Femke Hofstee-van der Meulen, 2008).

Le projet LBB développera un programme d'apprentissage inter lingue et interculturel, intégrant non seulement l'éducation des détenus sur la communication en prison et la connaissance transculturelle, mais aussi l'éducation des responsables pénitentiaires. Cela permettra au personnel et aux détenus ressortissants étrangers de communiquer sur des choses basiques dans une langue commune, et encouragera mutuellement une meilleure compréhension culturelle, réduisant ainsi les tensions psychologiques et émotionnelles et facilitant une réhabilitation efficace.

En revanche, une meilleure compréhension des autres et une meilleure communication dans le cadre pénitentiaire n'est pas seulement propice à un séjour en prison plus productif et plus efficace ; elles fournissent également aux détenus les compétences linguistiques, l'empathie culturelle et la capacité d'introspection qui les aideront à mieux s'intégrer dans la société et dans le travail après leur libération.

L'accent sur la formation du personnel pénitentiaire est une conséquence des indications du rapport final, financé par Grundtvig, du projet "Pathways to Inclusion", suite à la conférence de Budapest en 2010. Le rapport précise que :

"Il faut accorder plus d'importance à la formation du personnel impliqué dans l'éducation en prison, afin de mieux les équiper pour gérer les enjeux - sociaux, psychologiques et pédagogiques - spécifiques au travail dans cet environnement" (p5).

Le rapport de 2010 définit non seulement la formation per se du personnel mais aussi la sensibilisation du personnel aux bénéfices apportés par l'éducation en prison et au rôle clef de celle-ci. Cet aspect est repris dans l'étude commandée en 2011 par le Directorat général de l'éducation et de la culture, sur l'éducation et la formation dans les prisons en Europe. L'étude précise que "les responsables pénitentiaires doivent être considérés comme des acteurs principaux pour la promotion de l'éducation en prison" et que "leur formation doit aussi être améliorée" puisque "ils ont le potentiel de motiver les détenus à s'engager dans l'éducation, puisque ce sont eux qui sont le plus en contact avec ceux-ci." (p13)

Des efforts ont déjà été accomplis pour améliorer la communication entre les détenus et le personnel des prisons. Le Prison Translator, un projet commun entre les établissements pénitentiaires du Canton de Zurich et  l'Association européenne de l'éducation en prison (EPEA), met à disposition une liste complète de phraséologie pertinente aux différents aspects de la vie en prison, et la possibilité de traduction en ou entre 22 langues internationales (voir www.prisontranslator.eu).  Le projet "Eliminating Language Barriers in European Prisons through Open and Distance Education Technology" a visé à franchir les obstacles à la communication grâce à l'enseignement d'une deuxième langue aux personnels des prisons. 

LBB se veut la continuation de ces projets, cherchant à en approfondir les concepts, c'est-à-dire de développer l'enseignement en classe des langues étrangères  (qu'il s'agisse de la langue locale ou d'une langue européenne appropriée) avec un composant interculturel fort et lié aux besoins en communication de la population pénitentiaire, tout en favorisant une meilleure compréhension culturelle de l'autre et de l'environnement.  LBB, en tant qu'outil d'apprentissage linguistique pan européen, mettra en place un système permettant aux détenus de pratiquer et d'améliorer leurs compétences linguistiques et culturelles grâce à des correspondances écrites (et contrôlées) avec des détenus de pays partenaires. Le but est d'inciter le personnel pénitentiaire à assumer un rôle actif et encourageant, renforçant ainsi la sensibilisation aux effets positifs de l'éducation en prison. En matière de développement personnel, une certification  européenne cohérente sera élaborée afin d'établir une référence claire pour les compétences inter linguistiques et transculturelles des personnels pénitentiaires ayant à travailler avec des détenus ressortissants étrangers.

Projet multilatéral, LBB fournira une plateforme de partage des expériences et des bonnes pratiques.  La coopération multilatérale donnera lieu à un rapport de recherche, une formation avec ressources pour les formateurs, un guide de bonnes pratiques pour l'utilisation de la langue anglaise et une formation culturelle pour apaiser les tensions liées à la communication entre le personnel et les ressortissants étrangers en prison et enfin un deuxième guide de bonnes pratiques pour l'utilisation de la correspondance écrite transculturelle comme moyen d'améliorer la connaissance culturelle au sein de la population des prisons.